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Les professionnels de la santé bucco-dentaire inquiets et déboussolés sur leur avenir

  • Admin
  • 24 nov. 2025
  • 3 min de lecture

A l’instar de tous les acteurs du système de santé, les chirurgiens-dentistes souffrent de l’instabilité politique, caractéristique de la France en 2025. Les mesures importantes à prendre sont reportées, et les réponses aux questions récurrentes ne sont pas apportées. Pire encore, la rigueur budgétaire conduit à proposer des évolutions en totale contradiction avec les objectifs assignés aux professionnels de la santé bucco-dentaire depuis des années.


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Quand l’instabilité politique assombrit l’avenir des chirurgiens-dentistes de France !


A l’instar de bien d’autres professions de santé, les chirurgiens-dentistes attendent, depuis des mois, des réponses des autorités publiques au sujet de revendications aussi nombreuses que variées. Force est de constater que l’instabilité politique caractérisant la situation politique en France ces derniers mois ne laisse guère de place à des réponses concrètes. La multiplication des ministres de la santé illustre ces difficultés à avancer sur des sujets pourtant essentiels à l’avenir de la santé bucco-dentaire et plus généralement de la santé en France. Les débats, entourant les discussions parlementaires autour du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2026), illustrent parfaitement la situation, en laissant les chirurgiens-dentistes et les autres professionnels de santé entre désarroi, espoir et colère.


Ainsi, alors que la création de nouveaux assistants dentaires avait été officialisé il y a plus d’un an, il aura fallu attendre le 6 novembre dernier pour que la proposition de loi soit adoptée à l’unanimité par le Sénat. Cette instabilité conduit, selon les organisations représentatives de la profession, à se priver d’une vision globale à moyen et à long terme. Ainsi, dans un communiqué de presse, le syndicat Les Chirurgiens-Dentistes de France souligne :   "La lutte contre les déserts dentaires ne peut se résumer à la création d’un nouveau métier. Le vrai levier réside dans une meilleure répartition des chirurgiens-dentistes et dans l’accompagnement des jeunes professionnels dans leur installation." 


Un encadrement renforcé pour une plus grande efficience : une année 2026 sous tension ?


Il faudra attendre encore pour connaître la réalité du PLFSS définitif. En revanche, certaines propositions, faites à l’occasion de l’examen de ce projet de loi, ont heurté une grande partie de la profession. En ces temps de rigueur budgétaire, le gouvernement cherche à économiser 5.5 milliards d’euros, et les chirurgiens-dentistes pourraient être mis à contribution. En effet, le gouvernement a formulé une proposition d’un reste à charge de 4 € pour toute consultation chez un chirurgien-dentiste. La profession ne comprend plus. Pourquoi instaurer une nouvelle dépense contrainte pour les patients (et donc relancer l’épineux débat sur les renoncements ou refus de soins pour des raisons économiques) alors qu’il y a, quelques années à peine, l’objectif était à l’opposé avec l’adoption du dispositif 100 % Santé ? N’est-ce pas deux voies opposées, qui ne peuvent qu’inquiéter les professionnels de santé concernés ?

Cette confusion et cette incompréhension se retrouvent à de multiples niveaux et sur bien des sujets.


Quelle ligne directrice pour les chirurgiens-dentistes ?


C’est ce qu’exprime le Dr Pierre-Olivier Donnat, président du syndicat CDF en dénonçant « le décalage complet entre l’orientation générale du PLFSS et les politiques de santé menées depuis une décennie. » Depuis le début des années 2010, les chirurgiens-dentistes négocient avec leur autorité de tutelle pour améliorer l’accès aux soins et pour instaurer une véritable stratégie préventive en matière de santé bucco-dentaire. Des ambitions, saluées par la profession au fil des ans, qui se voient contredites voire qui sont en passe d’être supprimées au regard des propositions inclues dans ce PLFSS.


Il met en garde contre les dangers qui pèsent sur la profession et appellent le gouvernement et les parlementaires à leur responsabilité : « Ce PLFSS pour 2026 ne doit pas devenir le texte qui aura fait reculer la santé orale en France. On ne peut pas expliquer aux Français : “Vous aurez une génération sans carie”, puis leur dire : “En réalité, prenez rendez-vous plus tard.” Nous nous mobilisons pour éviter cette rupture, qui coûtera cher à terme au pays et mettra en péril la santé orale de nombreux Français. ».

A ce stade, la seule question d’importance reste de savoir si cet appel à l’aide sera entendu et surtout pris en compte.



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